Fiction

Texte amant

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Aujourd’hui, je pleure un mort, le genre qu’il est difficile de voir ressusciter le troisième jour. Loin des yeux, loin de nos entremêlées euphoriques, loin du dernier coup d’allumette qui fait frémir l’étincelle dans nos regards assoupissant, je le cherche un abri digne de ce nom avant que les miens ne le recouvre d’obscurité de sable et de brique scellée.
De mes souvenirs, je me suis imprégné. Hélas, le parfum amer des absences ont tari tous mes ilots de bonheur. C’était un être cher et il s’en est allé. Dans l’au-delà, moi je n’y suis pas encore, ces larmes abondantes sur mes joues n’y pouvaient frayer le moindre chemin. Maintenant, je cherche. Oui, le peu de respiration, le dernier souffle qu’il a rendu, peut-être qu’elle sera un coup de pousse ? Je ne le saurai jamais.

Ce qui est désolant avec ce genre de mort qui ne se réincarne pas, c’est que tout devient un objet d’immersion. Des objets les moins importants à ceux qu’ont trouvent dans un coin perdu de la maison, tout aura désormais une signification. Les fleurs autrefois arrosées à deux, sécheront de fraicheur humaine, sècheront d’une présence supplémentaire qui ajoute sous la réticence une dernière goutte d’eau, fait sourire tout haut les pétales de la fleur.

Des sourires rejaillis qui aujourd’hui sont entré dans un jadis recouvert de tristesse enlaçant. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à l’aquarium du salon, les petit poissons n’ont pas simplement perdu de nu leurs nageoires mais aussi leurs voies sont devenues inondées d’absence. Ce visage que leur reflétait le vitre n’est plus, ce visage est devenu dans toutes nos têtes un tableau qu’aucun artiste ne saurai peindre à la perfection. Enfin, je parle pour moi, qu’en est-il pour les autres ? Je ne le saurai jamais.

Ce qui sonne comme une évidence, c’est : l’héritage. Va-t-il ramener à la vie le mort ? Là, je me battrai pour l’avoir. Et comme cela n’est pas prêt d’arriver, je me contente de ce que j’ai vécu à ses côtés. Des richesses inoubliables que nul ne peut m’enlever, des richesses en émotions bien invisible dans son testament. Même si je quitte son avocat les mains vide, mon être entier est rempli de savoir vivre, d’un apprentissage mémorable qui se répand sur moi et dans ma société comme un déodorant.

Oui, aujourd’hui mes larmes sont plus de remords que pour le mort, aujourd’hui mes larmes sont pour ce dialogue laissé place à un monologue ennuyeux, alors pour y palier j’ai pris mon stylo et une feuille pour écrire au mort,un texte qui aime.

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